la Source de Lumière ou la conspiration des Bergawa

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Bali, symbole de la crise de l’eau à l’échelle mondiale, d’içi 2015. Ce drame va-t-il se transformer en révolution sociale ? Arrivés à un point de non-retour, les peuples laisseront-ils détruire leurs propres écosystèmes ou prendront-ils le taureau par les cornes ?

L’histoire d’une civilisation

Voici une grande aventure philosophique, aux origines de la culture millénaire de Bali, l’île des Dieux. Une histoire métaphorique, qui met en relief la dimension héroïque et résistante d’un peuple courageux, les Majapahit, que l’on appelle les balinais et qui retrace historiquement l’épopée extraordinaire de ce royaume légendaire. De ceux qui émigrèrent de leur terre d’origine, peu à peu pour survivre, en direction d’une Terre promise, l’île de Bali. Invincible mais pacifique, ce peuple put recréer par miracle sa culture et perpétuer les traditions, sur les bases d’un immense savoir hérité des anciens. Depuis la nuit des temps, au niveau religieux, social et architectural, les balinais ont conservé jalousement des connaissances très anciennes, puisées au fond d’une doctrine secrète, dont ils sont les gardiens, seuls contre tous.

Une pénurie d’eau alarmante

Ce précieux élément, enjeu d’une bataille entre Forces antagonistes dans le roman, est l’enjeu réel de la situation moderne de Bali, où la distribution et le partage commence à devenir très problématique. Réalisons que d’ici 2015, l’île pourrait peut-être devenir le symbole de la crise de l’eau à l’échelle mondiale, vu les perspectives d’un développement effréné et incontrôlable. Devenue l’une des premières destinations touristiques, sa survie à court terme est directement menacée. Avec une superficie de seulement 5633 km2, Bali a accueilli en 2009, 5.7 millions de touristes, soit presque le double de sa population, qui compte 3.9 millions d’habitants. La population idéale de l’île, étant donné ses ressources, a été établit à 1.5 millions.

Un constat saisissant

Quarante-huit plages subissent une érosion grave. La température en un an est passée d’une moyenne de 28/30 degrés à 33 degrés en raison de la trop forte densité de population. Les chambres d’hôtels sont elles aussi en surnombre : 78 000 alors que le nombre optimum est de 22 000. Si l’on compte que chaque chambre a besoin en moyenne de 300 litres d’eau par jour, ce sont 23.4 millions de litres qui sont consommés quotidiennement par les seuls touristes. Pour couronner le tout, ce sont depuis 1983, 25 000 hectares de forêts qui ont été abattus, soit un cinquième du couvert forestier balinais. Situation dramatique, fruit d’une mauvaise gestion des ressources, conduisant son modèle de développement vers un point de non-retour, cela malgré le fait que la conférence du climat des Nations Unies s’était déroulé à Bali en 2009, à Nusa Dua, immense complexe touristique artificiel.

Le paradis des golfeurs

Il y a, disséminés sur cette petite île, 5 grands golfs de niveau international, dont deux sont reconnus comme étant les meilleurs et les plus beaux d’Asie, par les magazines Forbes et Fortune., pour ainsi dire. L’industrie touristique a surexploité avec outrance et irresponsabilité les eaux souterraines. Selon des rapports écologiques récents, provenant d’associations reconnues, notamment le Giec, le niveau des nappes phréatiques a vu son niveau baissé comme jamais et une partie des cours d’eau est déjà à sec. Sur les 401 rivières de Bali, 162 sont en situation très critique, et le niveau d’eau et la pression baisse inexorablement. Quatre grands lacs volcaniques connaissent des problèmes de sédimentation grave. Le lac Bunyan, l’un des plus profonds de Bali, a fait face à une baisse de 3.5 mètres du niveau depuis 2000.

Une possible révolution à moyen terme ?

Sachant que les balinais sont un peuple vivant essentiellement de la culture d’un riz très demandeur en eau, il est facile d’imaginer l’impact direct de cette évolution, sur la stabilité sociale des populations locales, composées pour l’essentiel de familles d’agriculteurs.La conséquence de cette surexploitation est l’intrusion de l’eau de mer dans les nappes phréatiques. L’eau devient de plus en plus salé et les agriculteurs ont de grandes difficultés par faire pousser leurs récoltes, ainsi que les utilisateurs, qui ont des problèmes d’eau potable, dans leur alimentation quotidienne.

Un casus beli

Rappelons-nous que dans le passé, au début du dix neuvième siècle, en 1906 et 1908, menacés dans leur existence même, les balinais avaient démontré le caractère éternel de leur civilisation, en décrétant le fameux pupûtan, un rituel de sacrifice collectif. Cet acte d’honneur avait retentit dans les froids palais d’Europe, à l’époque ancienne puissance coloniale. En vertu d’un héroïsme et d’une totale insoumission, ils s’étaient défendus jusqu’à la mort, contre un ennemi cruel et matériellement bien plus fort qu’eux. Mettons-nous à la place des balinais, ne serais-ce qu’une minute et refusons comme eux de devenir un produit artificiel du folklore, à destination de consommateurs superficiels.

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